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Dosage STL : comprendre les titrages au labo

17 septembre 2026 8 min de lecture

Tu es en première ou terminale STL, et en TP de chimie ou de biotechnologies, on te demande de « doser » une solution. Le prof parle d'équivalence, de burette, de changement de couleur… et toi, tu te demandes surtout comment savoir quand t'arrêter et pourquoi ce moment précis compte autant. Bonne nouvelle : le dosage STL n'a rien de magique. C'est une méthode rigoureuse, codifiée, que tu vas comprendre pas à pas dans cet article. À la fin, tu sauras expliquer ce qu'est un titrage, décrire un protocole propre et repérer l'équivalence sans hésiter.

Qu'est-ce qu'un dosage, et pourquoi c'est central en STL ?

Un dosage (ou titrage) est une technique de chimie analytique qui permet de déterminer la concentration d'une espèce chimique dans une solution. En STL, tu la croises partout : en sciences physiques et chimiques en laboratoire (SPCL) pour contrôler un produit, en biotechnologies pour vérifier un milieu de culture, en biochimie pour mesurer un acide organique. C'est une compétence transversale de ta filière.

Le principe est simple à énoncer : tu fais réagir la solution à doser (l'analyte, placé dans un bécher ou un erlenmeyer) avec une solution de concentration connue (le réactif titrant, versé depuis une burette). La réaction doit être rapide, totale et unique. Quand les deux réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques exactes, on dit qu'on a atteint l'équivalence. C'est ce volume équivalent VE qui te permet de remonter à la concentration inconnue.

Attention à une confusion fréquente : dosage n'est pas synonyme de dilution. Diluer, c'est ajouter du solvant pour diminuer la concentration. Doser, c'est mesurer une concentration par une réaction chimique contrôlée. Ne mélange pas les deux dans ta copie.

Tu veux revoir les bases de la mole et des concentrations avant d'attaquer ? Va faire un tour sur les cours STL : tout part de là.

Le titrage colorimétrique : comment ça marche concrètement ?

Le titrage colorimétrique est la version la plus courante en TP STL. On utilise un indicateur coloré qui change de couleur précisément autour de l'équivalence. C'est ce virage que tu guettes à l'œil nu, au goutte à goutte près.

Le rôle de l'indicateur coloré

Un indicateur coloré est un couple acide/base dont les deux formes ont des couleurs différentes. Sa zone de virage (souvent donnée sous forme de pH) doit encadrer le pH à l'équivalence. Sinon, tu repères un virage… mais pas le bon, et ton résultat est faux. Par exemple :

  • Pour un dosage acide fort / base forte : hélianthine (rouge → jaune, virage vers pH 3-4,6) ou BBT (jaune → bleu, virage vers pH 6-7,6).
  • Pour un dosage acide faible / base forte : phénolphtaléine (incolore → rose, virage vers pH 8,2-10).

Tu dois toujours justifier le choix de l'indicateur en fonction du pH à l'équivalence, calculé ou estimé d'après la nature des réactifs. C'est un point que les correcteurs adorent tester au bac.

Le principe de l'équivalence

À l'équivalence, les quantités de matière des deux réactifs ont été mélangées dans les proportions de l'équation de la réaction. Par exemple, pour une réaction 1:1 (comme un acide fort avec une base forte) :

n(analyte) = n(titrant), soit CA × VA = CB × VE

Si tu connais CB (concentration du titrant), VA (volume d'analyte prélevé) et VE (volume équivalent lu sur la burette), tu calcules CA. Simple en apparence, mais la précision de VE fait toute la qualité du résultat. C'est là que la rigueur STL entre en jeu.

Protocole pas à pas d'un titrage réussi

Voici la démarche type que tu retrouveras en TP, en ECE et à l'écrit. Suis-la dans l'ordre, elle t'évite 90 % des erreurs.

Étape 1 : préparer la verrerie

  • Rince ta burette à l'eau distillée, puis avec la solution titrante (pour ne pas la diluer au contact des parois).
  • Rince ta pipette jaugée avec la solution à doser.
  • Vérifie qu'il n'y a pas de bulle d'air dans la burette : elle fausserait la lecture du volume.

Étape 2 : prélever l'analyte

Prélève un volume précis VA à la pipette jaugée, verse-le dans un erlenmeyer propre. Ajoute quelques gouttes d'indicateur coloré (jamais plus : l'indicateur est lui-même un acide ou une base faible, un excès perturbe la mesure).

Étape 3 : titrer goutte à goutte

Verse la solution titrante progressivement. Au début, tu peux aller relativement vite et agiter régulièrement. À l'approche du virage, tu dois ralentir : une goutte à la fois, en agitant entre chaque ajout. Le changement de couleur doit persister au moins une dizaine de secondes pour être validé.

Étape 4 : lire le volume équivalent

Lis VE sur la graduation de la burette, à hauteur des yeux, en bas du ménisque. Note la valeur avec l'incertitude associée (souvent ± 0,05 mL pour une burette graduée au 1/10 de mL).

Étape 5 : calculer et conclure

Applique la relation d'équivalence. Pense à écrire l'équation de la réaction avant de calculer : c'est elle qui te donne les coefficients stœchiométriques. Pour une réaction du type aA + bB → produits, la relation devient :

CA × VA / a = CB × VE / b

Ne saute jamais cette étape : c'est exactement ce qui distingue un bon élève STL d'un élève qui applique une formule par cœur.

Exemple concret : dosage de l'acide éthanoïque dans un vinaigre

Un grand classique de TP STL. Tu dois vérifier le degré d'acidité d'un vinaigre commercial.

Protocole : tu prélèves VA = 10,0 mL de vinaigre dilué 10 fois, tu ajoutes quelques gouttes de phénolphtaléine, puis tu doses par une solution de soude (NaOH) de concentration CB = 0,100 mol/L. Le virage incolore → rose apparaît pour VE = 12,5 mL.

Réaction : CH3COOH + OH− → CH3COO− + H2O. Réaction 1:1, donc :

CA × VA = CB × VE

CA = (0,100 × 12,5) / 10,0 = 0,125 mol/L (dans la solution diluée)

Dans le vinaigre pur, multiplie par 10 : 1,25 mol/L. Tu peux ensuite comparer à la valeur attendue sur l'étiquette (souvent autour de 1,3 mol/L pour un vinaigre à 8°). Un écart de quelques pourcents est normal : il vient de la précision de la pipette, de la lecture de la burette et de la détection visuelle du virage.

Tu remarques que la phénolphtaléine est le bon indicateur ici : à l'équivalence, la solution contient de l'éthanoate de sodium, une base faible, donc le pH est basique (autour de 8-9). Un indicateur virant en milieu acide serait inadapté.

Pour t'entraîner sur ce type d'exercice, direction les exercices STL : c'est en manipulant les calculs qu'ils deviennent automatiques.

Comment réviser les dosages pour l'écrit, l'ECE et le grand oral

Le dosage est un incontournable du bac STL. Voici comment l'aborder selon l'épreuve.

Pour l'écrit de SPCL ou de CBSV

  • Entraîne-toi à écrire l'équation de la réaction avant tout calcul. C'est le réflexe qui rapporte des points.
  • Mémorise la relation d'équivalence dans sa forme générale, pas comme une formule figée.
  • Apprends à justifier le choix de l'indicateur coloré avec le pH à l'équivalence.
  • Gère les chiffres significatifs : un résultat à 4 chiffres alors que VE n'est connu qu'à 0,1 mL près, c'est une erreur sanctionnée.

Pour l'ECE (évaluation des compétences expérimentales)

L'ECE teste ta gestuelle autant que ton raisonnement. Pense à :

  • Rincer correctement burette et pipette (avec la bonne solution !).
  • Chasser les bulles d'air de la burette.
  • Aller goutte à goutte près du virage et agiter entre chaque ajout.
  • Lire le volume à hauteur des yeux, ménisque bien repéré.
  • Noter l'incertitude et la discuter dans ta conclusion.

Pour le grand oral

Un dosage est un excellent sujet : il croise chimie, biotechnologies et démarche scientifique. Tu peux par exemple poser la question : « Comment contrôler la qualité d'un produit industriel par titrage ? ». Tu montres alors que tu maîtrises le protocole, les calculs et l'analyse des incertitudes. Pour préparer ton argumentation, jette un œil aux ressources d'AlloBac sur la méthodologie de l'oral : ça complète bien ce que tu construis en STL.

Et si tu veux consolider la partie théorique (acido-basique, pH, stœchiométrie), la page chimie STL regroupe l'essentiel.

Conclusion : le dosage, un réflexe de futur technicien

Comprendre les dosages en STL, ce n'est pas mémoriser une formule : c'est adopter une démarche de laboratoire. Tu prépares, tu mesures, tu repères l'équivalence, tu calcules et tu discutes ton résultat avec son incertitude. C'est exactement ce qu'on attend d'un technicien de laboratoire, que ce soit en biotechnologies, en SPCL ou en biochimie.

Alors la prochaine fois que tu montes sur la paillasse, ne vois plus le titrage comme une corvée : vois-le comme une occasion de montrer ta rigueur. Relis ton protocole, soigne ta gestuelle, justifie chaque choix. Et n'oublie pas : un dosage réussi, c'est un dosage compris bien avant d'être exécuté. Bon courage, tu as tout ce qu'il faut pour y arriver.

📚 Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un dosage et un titrage ?

Dans le langage courant du laboratoire, les deux termes sont souvent utilisés comme synonymes. En toute rigueur, le titrage désigne l'opération expérimentale (verser le titrant jusqu'à l'équivalence), tandis que le dosage est la détermination de la concentration qui en résulte. En STL, tu peux employer l'un ou l'autre, mais sache distinguer l'opération de sa finalité.

Comment savoir quel indicateur coloré choisir pour un titrage colorimétrique ?

Il faut que la zone de virage de l'indicateur encadre le pH à l'équivalence. Pour un dosage acide fort / base forte, le pH à l'équivalence est proche de 7 : la BBT convient. Pour un acide faible dosé par une base forte, le pH à l'équivalence est basique (souvent 8-9) : la phénolphtaléine est adaptée. Justifie toujours ton choix en fonction de la nature des réactifs.

Pourquoi doit-on rincer la burette avec la solution titrante et non avec de l'eau distillée ?

Parce que l'eau distillée restante dans la burette diluerait la solution titrante, ce qui fausserait sa concentration et donc le volume équivalent mesuré. En rinçant avec la solution titrante elle-même, tu élimines ce risque. C'est un geste attendu en ECE.

Que faire si je dépasse le virage lors d'un titrage ?

Si tu dépasses le virage, ton volume équivalent est surestimé et le résultat est faussé. La seule solution rigoureuse est de recommencer le titrage avec un nouveau prélèvement. Ne « corrige » jamais une valeur lue : note honnêtement le dépassement et refais la manipulation. C'est une question de fiabilité du résultat.

Comment calculer la concentration inconnue à partir du volume équivalent ?

Tu écris d'abord l'équation de la réaction pour identifier les coefficients stœchiométriques. Puis tu utilises la relation à l'équivalence : C_A × V_A / a = C_B × V_E / b, où a et b sont les coefficients des réactifs. Tu isoles C_A et tu remplaces par les valeurs connues. Vérifie toujours les unités (mol/L et L, ou mol/L et mL si tu restes cohérent).

Le titrage colorimétrique est-il la seule méthode de dosage en STL ?

Non. Il existe aussi des dosages pH-métriques (suivi du pH en fonction du volume versé), conductimétriques (suivi de la conductivité) ou spectrophotométriques (suivi de l'absorbance). Le titrage colorimétrique est le plus simple et le plus fréquent en TP, mais tu croiseras les autres méthodes en SPCL et en biotechnologies, notamment pour des solutions colorées ou turbides.

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